STRATES - PARTITION DU VIDE

Du 31 janvier au 30 mars 2019 - Le 31 janvier à 19h

STRATES - PARTITION DU VIDE, 
Harold Guérin

Harold Guérin, Traffic Twist Around, 2016, tirages photographiques sur Dibond, 60×90cm

L'exposition

Infusion du corps dans le paysage*
La question du paysage et du rapport de l’homme à l’espace qui l’environne traverse le travail d’Harold Guérin de part en part. Par cette démarche il s’inscrit dans la poursuite de l’Histoire de l’art qui dès ses débuts exprime les liens qu’entretient l’être humain avec la nature. Le paysage a d’abord servi d'environnement narratif, symbolique ou ornemental aux artistes. Mais depuis les années 60 toute description du monde n’implique plus seulement la notion de copie du réel. L’artiste dorénavant, à l’aide d’investigations, de mise en scène et de récits amène à penser et réfléchir sur les territoires naturels comme artificiels qui nous entourent et dans lesquels nous trouvons place. En cela, bien loin d’être le seul lieu d’une « représentation du monde », l’art peut revendiquer des capacités singulières pour questionner et investiguer les modifications internes du paysage et les mutations que l’homme lui fait subir à partir de l'Anthropocène*.

Engagé dans une démarche d’explorateur, d’observateur, de chercheur qui n’est pas dénué de sens critique, Harold Guérin s’empare des problématiques géographiques pour comprendre le monde et agir sur lui. Il prend connaissance avec le terrain qui devient son objet d’étude et part, accompagné de son appareil photo. Il va photographier à la chambre ce qui lui permet de travailler à un autre rythme, prendre le temps de la réflexion, de la contemplation et de l’indécision. Dans une manière de décroissance photographique, il assume le plaisir de la lenteur.

L’apprentissage de la temporisation, il l’acquiert également dans son contact avec le paysage et sa marche à l’intérieur de son étendue qui n’a rien d’un geste anodin. Ce qui intéresse l’artiste est de perturber la trajectoire du regard et la perception qui en découle. Ainsi dans Percée, il nous offre une véritable perforation du paysage creusant une perspective dans ce sentier de montagne tout à fait différente de ce qui existe sur le site, comme un vortex qui aspire la vue. Avec TrafficTwist Around il vrille la cartographie d’un lieu évoquant ainsi la vitesse de déplacement d’une agglomération à une autre par une contraction de l'espace, les formes en relief qui en découlent peuvent faire penser également aux twists vues par satellites des cyclones et événements météorologiques qui agissent sur certains endroits du globe. Focus offre au spectateur d’assimiler visuellement un objectif d’appareil photo à une carotte géologique. Harold Guérin par ses installations fait se superposer ainsi travail photographique et vision cartographique.

* Infusion du corps dans le paysage, ce titre se réfère à l’ouvrage de Frédéric Gros, Marcher, une philosophie, Flammarion 2011
* l'Anthropocène est un terme de géologie proposé pour caractériser l'époque de l'histoire de la Terre qui a débuté lorsque les activités humaines ont eu un impact global significatif sur l'écosystème terrestre.

Extrait du texte " Infusion du corps dans le paysage " d'Isabelle de Maison Rouge, critique et historienne de l’art
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L'artiste

Harold Guérin s’intéresse à nos façons de représenter le territoire, de le saisir et de se l’approprier. Il interroge les relations des individus au paysage, en vue d’un voyage et d’y projeter son imagination. Par le biais du dessin, de la sculpture, de la vidéo et de l’installation, il s’attache à jouer sur des troubles de la perception. Dans ses œuvres, cartes, niveaux à bulle, appareils photo, instruments de mesure et de représentation, sont alors détournés de leur fonction première. Les écarts se réduisent entre l’outil de mesure, l’image d’un territoire et l’expérience physique d’un lieu. Différentes temporalités sont au cœur de son travail, d’une action d’un objet à la lenteur d’un processus de prélèvement de matière issues de divers contextes, milieux en transition, paysages parcourus; l’artiste cherche à faire surgir une certaine mémoire des paysages.

Extrait du texte " Harold Guérin : captation, représentation des mouvements et mesure du paysage " de Pauline Lisowski, publié sur BOUM BANG, Paris le 26 mars 2016
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 VERNISSAGE

Le jeudi 31 janvier 2019, à partir de 19h