RETRACING OUR STEPS

Du samedi 8 septembre au 28 octobre 2018 - Vernissage le vendredi 7 septembre à 18h

RETRACING OUR STEPS, 
Carlos Ayesta, Guillaume Bression

L'exposition

Du 8 septembre au 28 octobre 2018, pour son exposition de rentrée, La Chambre présente un travail collectif mené par deux photographes au Japon autour de la catastrophe nucléaire de Fukushima. En mars 2011, Carlos Ayesta et Guillaume Bression se rendent dans la no go zone (zone interdite) de Fukushima pour (se) rendre compte des dégats. Choqués par leur expérience, ils décident de s'emparer du sujet encore brûlant et lancent six mois plus tard le projet artistique Fukushima no go zone.

De 2011 à 2016, les deux photographes effectuent des trajets réguliers leur permettant de pénétrer la zone interdite formée par les 20 kilomètres entourant la centrale. Ce no man's land leur donnent alors l'impression d'un temps suspendu : des villages déserts, la musique d’une radio résonnant au milieu des ruines, un chat dans une voiture... Après l'évacuation des habitants, les autorités japonaises avaient entamé la décontamination radicale de la zone mais personne, dans la précipitation, n’avait pris le temps de mettre des mots ou des images sur cet évènement historique. à l'aide de témoignages et de photographies relatant l'évènement, ils composent un corpus de photographies immédiatement relayé dans les galeries et les festivals internationaux. En effet, les activités journalistiques et artistiques dans la zone étant strictement limitées, le travail réalisé devient unique et précieux.

Rassemblés en six séries, les photographies retracent une à une les conséquences de la catastrophe, reprenant leur caractère tant matériel que psychologique. La nature qui reprend ses droits, des intérieurs dévastés, des montagnes de déchets ou des objets du quotidien devenus vestiges d'une population disparue, tous ces éléments rappellent la vitesse à laquelle tout s'est déroulé. La peur, la maladie, la nostalgie, les thèmes abordés illustrent les séquelles invisibles laissées par l’événement. Jouant parfois avec des scénarios imaginaires, certaines photographies interrogent également notre perception du réel. Les mises en scène imaginées proposent de regarder l’actualité sous une perspective poétique, en interrogeant le statut des images documentaires. Doivent-elles nécessairement être une reproduction fidèle de notre réalité visuelle ?